En 1871, l’annexion allemande de l’Alsace-Moselle a placé des dizaines de milliers de familles mosellanes devant un choix radical : rester sur leurs terres sous administration allemande, ou tout quitter pour rester françaises. Ceux qui ont fait ce second choix sont appelés les optants — et leur trace, une fois retrouvée, peut débloquer une recherche généalogique qui semblait dans l’impasse.
Le choix impossible de 1872
Après la défaite française de 1870-1871, l’Alsace et une partie de la Lorraine, dont l’actuelle Moselle, sont annexées par l’Empire allemand sous le nom de Reichsland Elsass-Lothringen. Les habitants ont alors jusqu’au 1er octobre 1872 pour choisir leur nationalité : ne rien faire revenait à devenir allemand automatiquement. Pour conserver la nationalité française, il fallait déclarer officiellement son « option » et, dans la plupart des cas, quitter le territoire annexé pour s’installer ailleurs en France. Environ 125 000 personnes ont fait ce choix : ce sont les optants.
Ce que révèle une déclaration d’option
Une déclaration d’option n’est pas une simple formalité administrative : c’est un document d’identité précis, souvent plus riche qu’un acte d’état civil isolé. On y trouve généralement :
- le nom, le prénom et le nom d’épouse le cas échéant
- la date et le lieu de naissance
- l’adresse au moment de la déclaration
- la date et le numéro d’enregistrement de l’option
C’est ce type de détail qui permet de rattacher avec certitude une famille arrivée dans un nouveau département à son village d’origine en Moselle — un point de bascule précieux quand la piste semblait s’arrêter net après 1872.
Où chercher ces déclarations
Plusieurs pistes permettent de retrouver une déclaration d’option :
- la base en ligne optants.fr, interrogeable par nom, prénom et commune
- les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, sous-série BB31 pour les déclarations individuelles et les listes régionales
- les dossiers de naturalisation ultérieurs, sous-série BB11, pour les personnes n’apparaissant pas directement dans les listes d’option
- les archives de la presse de l’époque (série K), qui publiaient parfois les listes d’optants commune par commune
Si aucune trace directe n’apparaît, cela ne signifie pas nécessairement que la famille est restée sur place : certains dossiers sont incomplets, et il faut alors croiser ces sources avec les recensements et les actes d’état civil des deux côtés de la frontière de l’époque.
Reconstituer un parcours dispersé
Les optants mosellans ne sont pas partis au hasard : beaucoup se sont installés à Nancy, à Paris ou dans d’autres villes de l’intérieur qui accueillaient alors massivement les familles d’Alsace-Moselle restées françaises ; d’autres ont émigré plus loin, jusqu’en Algérie française. Suivre cette trajectoire demande de croiser les registres du département d’origine et ceux du département ou du pays d’accueil, souvent à des années d’écart les uns des autres.
Une expertise qui fait la différence
Retrouver un optant, c’est un travail à cheval entre deux administrations et deux archives distinctes, sur une période où l’état civil mosellan lui-même change de langue et de règles (je détaille ma méthode pour ces actes en allemand dans mon guide sur la généalogie en Moselle pendant l’annexion 1871-1918). Si vos ancêtres ont disparu des registres mosellans autour de 1872 et que vous n’arrivez pas à retrouver leur trace, contactez-moi pour un devis gratuit et sans engagement.

